|
|
"Jamais le pic glacé n'entend l'oiseau siffleur, Ni le vent du matin empli d'odeurs divines Qui rit dans les palmiers et les fraiches ravines, Ni parmi le corail des antiques récifs, Le murmure rêveur et lent des flots pensifs Ni les vagues échos de la rumeur des hommes, Il ignore la vie et le peu que nous sommes, Et calme spectateur de l'éternel réveil, Drapé de neige rose, il attend le soleil." C'est en ces termes évocateurs qu'au siècle dernier, LECONTE DE LISLE, immortalisa le Piton des Neiges, toit de la Réunion, 3 069 mètres au dessus du niveau de la mer. Qui, plus que ce maître du Parnasse, né et ayant passé son adolescence à Bourbon, ancien nom de lîle, méritait de préluder à la présentation de notre magnifique département. Il conviendrait au touriste ayant choisi cette île, sertie au sud-ouest de l'océan Indien, à 10 000 kilomètres de la France métropolitaine, à un millier de kilomètres de la côte est du continent africain, dans le sillage du sous continent Indien, l'ayant choisie donc pour son dépaysement, de s'imaginer la jeunesse toute saine et candide du poète de Bourbon : l'adolescence dans les hauts de Saint Paul, les courses dans les forêts domaniales, les baignades risquées dans le lit des ravines. Pas question de taire ici le caractère tropical de l'île, les tons changeants de l'océan, ni l'or du soleil brillant et clair, ni les verts ramures des palmiers, bananiers, cocotiers, filaos. Mais il est avant tout vivement suggéré de sépasser les clichés, de lever les yeux, de vouloir profiter simplement, sainement de spectacles, de sites, de paysages, tout à fait exceptionnels, et sans cesse renouvelés. Il y a à saisir l'aubaine qu'offre cette île et son relief : quitter l'eau tiède du lagon pour se retrouver quelques minutes plus tard dans la fraîcheur des "hauts". Rares seront alors ceux qui ne se laisseront pas tenter par une randonnées des plus bienfaisantes vers des sites sublimes situés à 1 000, 2 000 ou 3 000 mètres d'altitude. Rien n'empêche alors le randonneur d'admirer la mer d'un peu plus haut. Le Grand Bénare, le Piton de la Fournaise, le Nouvelle et Trois Roches sont, entre autres, des noms et des lieux qui estent à jamais gravés dans la mémoire. Les montagnes de la Réunion, majestueux édifices naturels, supports de nombreux sentiers de randonnées pédestres, viennent rappeler que cette terre est née d'un volcan, au fond de l'océan. L'île est agée de trois millions d'années déjà, alors que l'Homme n'y a mis les pieds qu'à partir de la deuxième moitié du XVII siècle. Sa forme générale est celle d'un cône aplati que d'aucuns, parmi nos anciens, avaient comparée à celle d'une tortue géante de 75 kilomètres de large. Mais travail de dame Nature, au fil des temps, le cône a été creusé, ciselé, éventré même, en son centre (les trois cirques) et agrandi par les effets d'un volcan particulièrement actif. La naissance d'un paradis : Ni l'aîné des Mascareignes (titre ravi par l'île Maurice avec ses 8 millions d'années), ni la cadette (Rodrigues avec 1.5 millions d'années), la Réunion est agée de 3 millions d'années et poursuit actuellement une impétueuse croissance juvénile. Cette "demoiselle" au tempérament volcanique, dont la crise d'adolescence paraît devoir s'éterniser, offre en alternance à la curiosité des baladeurs ses recoins paradisiaques et ses paysages d'enfer. Ainsi, sans promettre à coup sûr le coup de foudre, cette "jeune fille" délurée saura s'y prendre pour ne jamais laisser le baladeur insensible... et tant mieux si les charmes de cette somptueuses île-volcan sont ceux d'une allumeuse ! La période de gestation de l'île dura environ un million d'années. Il fallut en effet ce temps là au tout premier volcan embryonnaire sous-marin pour surgir du fond du bassin des Mascareignes, à plus de 4 000 mètres de profondeur, et émerger de l'océan Indien par 55° 30 de longitude est et 21° de lattitude sud, à 700 kilomètres à l'est de Madagascar. La suite n'est qu'une succession de phases d'intenses activités volcaniques entrecoupées de périodes de sommeil, dont les intensités et les durées variables furent caractérisées par des manifestations que l'on peut "lire" dans le relief actuel de l'île. Depuis 30 000 ans, l'activité volcanique de la Réunion se reporte exclusivement sur le Piton de la Fournaise, avec notamment la formation, il y a environ 20 000 ans, de la troisième caldeira située à l'enclos actuel délimité par les remparts de Bois Blanc, de Bellecombe et du Tremblet. L'origine sous-marine de l'île intriguait, en 1804 Monsieur Bory de Saint-Vincent : "Comment, alors, la verdure vint-elle ombrager un volcan isolé ?... Comment les animaux attachés au sol virent-ils vivre sur un écueil nécessairement inhabitable lors de sa naissance ?..." Il avait imaginé en réponse, sans trop y croire lui-même que : "... les vents, les flots, les oiseaux, ont suffi pour peupler et pour fertiliser l'île de la Réunion". Monsieur Bory de Saint-Vincent venait pourtant de présentir les modes d'introduction exacts de la flore et de la faune. Les courants marins, les vents cycloniques et les oiseaux ont en effet transporté, en provenance des îles du sud-est asiatique, d'Australie, d'Afrique et de Madagascar, tous les éléments de la flore et de la faune tels qu'ont pu les observer, au début du XVI siècle de notre ère, les premiers hommes débarquant sur l'ile. Sans oublier la part de l'évolution qui, par mutations et hybridations successives en ces lieux exilés, avait fini par produire des espèces nouvelles n'existant nulle part ailleurs. Il aété ainsi dénombré 160 espèces végétales originales, dites "endémiques", soit 30% de la flore locale avant l'arrivée de l'Homme... Un prédateur inconscient mais efficace
: l'Homme
Tout ce qui est rare est fragile. Il est donc plus impérieux encore de respecter la nature à la Réunion qu'en métropole. Sachez profiter, le long des superbes balades que vous propose notre île, des saveurs originales de l'île, avec vos sens les plus fins et les plus mémorisables : la vue, l'ouîe et l'odorat. Rappelons nous, pour conclure cette courte présentation de notre île, des paroles de "l'hymne national réunionnais" intitulé "Petie Fleur Fanéé".
Premier couplet
Refrain
Deuxième couplet
Troisième couplet
|
||
|
|